Oui, une carte de crédit figure à la Centrale des Crédits aux Particuliers, même si vous ne vous en servez plus. Un retard n’y devient un défaut de paiement qu’après un délai fixé par la loi. L’inscription dure ensuite un an après régularisation, dix ans sans elle.
La Centrale des Crédits aux Particuliers enregistre-t-elle une carte de crédit ?
Oui, dès qu’elle ouvre une ligne de crédit. La Centrale est tenue par la Banque nationale de Belgique (BNB). Elle enregistre les crédits à la consommation et les crédits hypothécaires conclus par des consommateurs à des fins privées, d’après Wikifin.
Le mot « fiché » est celui du langage courant. La Centrale a deux volets : les contrats en cours, et les défauts de paiement. Une carte à débit différé assortie d’une ouverture de crédit, comme la Beobank Visa Classic, relève du premier volet dès la signature. Tarif relevé chez l’émetteur le 30 septembre 2026 : cotisation annuelle de 5 €, TAEG de 14,49 %, taux débiteur de 13,98 % sur une ouverture de crédit de 2 150 €.
La BNB le dit sans détour dans sa foire aux questions : une carte de crédit est une ligne de crédit, et sa limite reste enregistrée même si vous ne l’utilisez plus.
Dans les dossiers que je traitais, la surprise venait presque toujours de la même ligne. Une carte oubliée dans un tiroir, jamais résiliée, dont le plafond pesait encore sur une nouvelle demande de crédit.
Une carte à débit différé pur est un autre cas. La carte de base KBC coûte 0 € par an, sans TAEG en usage normal, et son option Flex Budget affiche un TAEG de 9,35 % (tarif relevé chez l’émetteur le 28 septembre 2026). Je n’ai pas trouvé de position écrite de la BNB sur l’inscription d’une carte sans option de crédit. Demandez votre aperçu pour le savoir, la réponse est gratuite.
Quand un retard sur une carte devient-il un défaut de paiement ?
Pas au premier jour. Pour une ouverture de crédit, le critère que reprend Credit2Consumer, en citant l’article VII.148 du Code de droit économique, est un montant échu resté impayé, en tout ou en partie, pendant trois mois. Relisez l’article dans le Livre VII avant de l’invoquer dans un courrier, je n’ai pas pu vérifier le texte consolidé le jour où j’écris.
Le prêteur, lui, doit enregistrer le défaut dans les huit jours ouvrables suivant sa constatation, selon le guide de la BNB.
Prenons la Beobank Visa Classic. La mensualité minimale est d’un dix-huitième ou d’un vingtième du solde utilisé, selon la taille de la ligne, avec un plancher de 25 €. Sur un solde de 900 €, un dix-huitième fait 50 €. Si vous ne payez rien, les intérêts courent au taux débiteur de 13,98 % : environ 10,50 € par mois. Sur douze mois, cela fait environ 126 € d’intérêts sur ce seul solde.
| Événement | Conséquence |
|---|---|
| Une mensualité minimale n’est pas payée | Rappels de l’émetteur, frais et intérêts prévus au contrat |
| Le montant échu reste impayé pendant trois mois | Le défaut de paiement est constitué |
| Le défaut est constaté | Enregistrement par le prêteur sous huit jours ouvrables |
| Premier enregistrement en défaut | Notification personnelle au consommateur |
Depuis la loi du 31 juillet 2023, certains découverts non autorisés sur un compte à vue sont enregistrés après un mois seulement. Cette règle vise le compte, pas la carte, et je la cite pour ne pas laisser croire que trois mois valent partout.
Combien de temps reste-t-on enregistré ?
Un an après régularisation, dix ans sans elle. Ce sont les durées de la BNB, et elles ne changent pas selon l’émetteur.
| Situation | Durée d’enregistrement |
|---|---|
| Contrat remboursé sans incident | Effacé au plus tard 3 mois et 8 jours après l’échéance |
| Défaut régularisé | 1 an à partir de la régularisation |
| Défaut jamais régularisé | 10 ans à partir du premier défaut |
| Carte inutilisée, non résiliée | Ligne de crédit toujours enregistrée |
Le prêteur doit signaler le remboursement dans les huit jours, d’après la même FAQ. Après ce signalement, la trace du défaut reste un an au registre.
Le chiffre à retenir : dix ans. C’est la durée maximale d’un défaut que personne n’a réglé, et elle court depuis le premier retard, pas depuis le dernier.
Une carte à zéro et jamais résiliée reste-t-elle enregistrée ?
Oui. La ligne existe tant que l’émetteur ne l’a pas fermée, et la BNB précise que les données sont effacées automatiquement une fois la carte annulée à votre demande. La procédure, les délais et la lettre recommandée sont détaillés dans l’article sur la résiliation d’une carte de crédit.
Comment consulter sa fiche et corriger une erreur ?
Gratuitement, et sans passer par votre banque. La BNB offre quatre voies : en ligne, par courriel avec une copie recto verso de votre carte d’identité, par courrier signé, ou au guichet à Bruxelles. Rien ne se communique par téléphone.
L’aperçu affiche le nom du prêteur, la référence du contrat, le montant du crédit et, le cas échéant, les défauts. Il ne montre que les contrats en cours, pas l’historique.
Une donnée fausse se corrige auprès du prêteur qui l’a transmise, jamais auprès de la BNB. Si le prêteur reconnaît l’erreur, il est obligé de rectifier. L’erreur que je voyais le plus souvent était un remboursement effectué mais déclaré en retard, et la pièce qui la réglait était toujours la même : le virement daté.
Si la réponse ne vient pas, écrivez une réclamation datée. Elle ouvre la voie à Ombudsfin, le médiateur des services financiers. Il rend un avis gratuit, non contraignant, et il écarte le surendettement lorsque aucune faute de l’établissement ne peut être établie.

Fin 2020, 52,5 % des contrats en défaut étaient des ouvertures de crédit
À la fin de 2020, 315 165 personnes avaient au moins un défaut de paiement à la Centrale, soit 3,2 % de la population, selon la publication statistique de la BNB. Les contrats défaillants étaient au nombre de 452 890, dont 237 837 ouvertures de crédit.
Le chiffre couvre toutes les ouvertures de crédit, pas les seules cartes. Mais une carte à solde reporté en est une, et le retard s’y installe sans échéance fixe qui l’annonce. Fin 2023, la BNB comptait 265 651 personnes en défaut, d’après DH.
Que faire avant qu’un retard devienne un défaut ?
Écrire avant le troisième mois, par un canal qui date votre message. Je ne donne pas de conseil personnalisé sur une dette, et aucun texte de ce site ne remplace un service qui étudie votre budget.
Trois portes existent. Le service clientèle de l’émetteur, par écrit, pour demander un étalement avant l’échéance manquée. Le CPAS de votre commune. Et un service de médiation de dettes agréé de votre région, gratuit, qui négocie avec les créanciers. Le SPF Économie décrit le cadre du crédit à la consommation.
Dans les dossiers que je traitais, ceux qui écrivaient tôt discutaient un plan. Ceux qui attendaient la lettre de l’huissier discutaient un montant.
Pour comparer le coût d’un solde reporté carte par carte, le classement des cartes de crédit belges, le comparateur et l’aide au choix reprennent les trois chiffres. L’article sur les intérêts d’une carte de crédit explique comment ils se calculent, et celui sur la carte sans intérêt montre pourquoi une carte à débit différé n’ouvre pas le même risque.
Sources, consultées le 30 septembre 2026. Contenu de la Centrale, durées de conservation, huit jours ouvrables : guide de la BNB sur la CCP, foire aux questions de la BNB et page de consultation pour les consommateurs. Rôle de la Centrale et notification : Wikifin. Base légale : Code de droit économique, Livre VII, articles VII.148 et suivants, lus à travers Credit2Consumer. Statistiques : BNB, fin 2020 et DH du 25 janvier 2024. Médiation : Ombudsfin. Cadre du crédit : SPF Économie. Tarifs relevés le 30 septembre 2026 sur la page publique de Beobank et, le 28 septembre 2026, sur celles de KBC. Aucun lien de cet article n’est rémunéré.
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Questions fréquentes
Delphine a passé sept ans au service litiges et rétrofacturation d’un émetteur de cartes belge, à Liège, entre 2015 et 2022 : le bureau où atterrissent les contestations de porteurs, les retraits facturés deux fois et les cautions d’hôtel qui restent bloquées trois semaines. Elle a donc lu, ligne par ligne, plusieurs milliers de relevés de cartes belges, et elle sait où se logent les montants que personne ne regarde avant de signer. Depuis 2023 elle relève chaque trimestre les tarifs publiés des émetteurs belges et tient le tableau de coûts qui sert de base à ce site. Ce qui l’agace : les brochures qui annoncent une carte à 0 € sans mentionner que le premier retrait au distributeur coûte 5 € fixes plus 1,8 % de commission, et que les intérêts courent dès le jour du retrait.
