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Démarches & incidents

Card Stop : carte volée, qui paie les débits ?

Bloquer une carte au 078 170 170, la franchise de 50 €, la charge de la preuve et le recours si l'émetteur refuse : la procédure belge, dans l'ordre.

ParDelphine V.8 min de lecture

Ce que vous payez, et à partir de quand

Un appel au 078 170 170 arrête tout. Les débits passés après cet appel ne sont pas à votre charge. Ceux passés avant le sont, à concurrence de 50 € maximum — et souvent de zéro. C'est l'émetteur qui doit prouver le contraire, pas vous.

J'ai passé sept ans au service litiges et rétrofacturation d'un émetteur belge. Dans les dossiers que je traitais, la première ligne était toujours la même : l'horodatage de l'appel à Card Stop. Tout le reste du dossier se lisait par rapport à cette heure-là. Les porteurs qui perdaient de l'argent n'étaient presque jamais ceux qui avaient été négligents. C'étaient ceux qui avaient attendu.

Que faire dans les dix premières minutes ?

Bloquer, puis déclarer. Dans cet ordre, et sans chercher la carte entre les deux.

Trois gestes, chacun avec sa raison d'être. Un : appelez Card Stop au 078 170 170. Deux : si la carte a été volée, déclarez-le à la police locale dans les 24 heures et notez le numéro du procès-verbal. Trois : prévenez votre émetteur par écrit et demandez le relevé des opérations depuis la dernière que vous reconnaissez.

Beaucoup de banques belges permettent aujourd'hui de bloquer une carte depuis leur application, en quelques touches. C'est plus rapide qu'un appel, et c'est valable. Mais un blocage applicatif ne vaut que pour les cartes de cet émetteur : si votre portefeuille contenait une carte de débit d'une banque et une carte de crédit d'une autre, il vous faut soit deux applications, soit un seul appel à Card Stop.

Ce que la brochure ne met pas en avant : chercher la carte pendant vingt minutes avant d'appeler ne vous coûte rien si personne ne l'utilise, et vous coûte jusqu'à 50 € si quelqu'un s'en sert. L'écart de risque entre les deux comportements est entièrement dans ces vingt minutes.

Quel numéro appeler en Belgique pour bloquer une carte ?

Card Stop, au 078 170 170, ou +32 78 170 170 depuis l'étranger. Le service fonctionne 24 h/24 et 7 j/7, en français, en néerlandais et en anglais.

Le chiffre à retenir : depuis le 10 janvier 2022, ce numéro remplace l'ancien 070 344 344, qui était facturé 0,30 € la minute. Le 078 est un numéro à tarif normal, sans supplément. L'ancien numéro est resté joignable en transition, mais c'est le nouveau qu'il faut enregistrer, avec l'indicatif international : un vol de portefeuille arrive plus souvent en voyage qu'à la maison.

Card Stop est opéré par Worldline pour le compte du secteur bancaire belge et ne bloque pas que les cartes. La liste couvre les cartes de débit, les cartes de crédit et prépayées, les chèques-repas électroniques, ainsi que Bancontact Pay, Google Pay et Apple Pay.

Qui paie les débits passés avant votre appel ?

Vous, à concurrence de 50 € maximum, et seulement si l'émetteur peut établir que vous n'avez pas agi frauduleusement ni commis de négligence grave. Au-delà de ce plafond, la perte est pour lui.

Le régime vient du Livre VII du Code de droit économique, qui transpose en droit belge la directive européenne sur les services de paiement (DSP2). Il découpe la chronologie en deux, et une seule date compte : celle de la notification.

SituationCe que vous supportez
Débits après l'appel à Card StopRien
Débits avant l'appel, sans faute de votre part50 € au maximum
Carte contrefaiteRien, même avant l'appel
Numéro utilisé à distance, sans identification électroniqueRien, même avant l'appel
Négligence grave prouvée par l'émetteurLa totalité
Manœuvre frauduleuse du titulaire prouvée par l'émetteurLa totalité

Source : Wikifin, le site d'information de la FSMA, page mise à jour le 27 mars 2025.

La deuxième et la troisième ligne du tableau sont celles que les porteurs ignorent le plus souvent. Un achat en ligne réglé avec votre numéro de carte, sans code et sans 3-D Secure, ne relève pas de la franchise : vous ne supportez rien, y compris pour les opérations antérieures au blocage.

Portefeuille ouvert sur une table, emplacement de carte vide
Une seule heure compte dans le dossier : celle de l'appel.

Qu'est-ce que la négligence grave, et qui doit la prouver ?

L'émetteur. La loi belge ne définit pas la négligence grave, et c'est à celui qui l'invoque de l'établir — jamais à vous de prouver que vous avez été prudent.

Les deux exemples cités par Wikifin sont le code PIN noté sur la carte elle-même et un code trop simple, du type 1234. Ce que l'émetteur regarde d'abord : la concordance entre le lieu du vol et celui des opérations, l'intervalle entre les deux, et le nombre d'essais de code avant la première transaction réussie. Un retrait accepté au premier essai, dix minutes après un vol à la terrasse, ouvre une discussion. Le même retrait au troisième essai la referme.

Le motif de refus que je voyais le plus souvent invoqué était le code conservé dans le portefeuille, sur un papier ou dans un carnet. C'est un refus qui tient quand l'émetteur en apporte la preuve, et qui ne tient pas quand il se contente de le supposer. L'usage de la carte avec le bon code ne suffit pas, à lui seul, à établir une négligence grave : c'est précisément ce que la répartition de la charge de la preuve empêche.

Combien de temps avez-vous pour contester un débit ?

Treize mois à compter de la date du débit, et sans délai injustifié à partir du moment où vous en prenez connaissance. Les deux conditions se cumulent.

Le SPF Économie rappelle le principe : après vérification prima facie, l'émetteur doit rembourser immédiatement le montant de l'opération non autorisée et rétablir le compte dans l'état où il se serait trouvé. Rembourser d'abord, examiner ensuite — l'ordre n'est pas indifférent, et c'est celui que la loi impose.

En pratique, le délai de treize mois se joue sur un geste banal : lire le relevé mensuel. Sur une carte de crédit, un débit de 24,90 € passé chez un marchand au nom générique traverse trois relevés sans que personne ne s'arrête dessus. C'est le montant type de la fraude par petits prélèvements répétés, et c'est aussi celui que les porteurs découvrent après le délai.

Que faire si l'émetteur refuse de rembourser ?

Trois étapes, dans l'ordre, et aucune ne coûte d'argent avant la dernière.

Écrivez d'abord au service plaintes de l'émetteur, en gardant copie et en datant. Sans accord, saisissez Ombudsfin, le médiateur belge en conflits financiers : la procédure est gratuite. En dernier ressort, le litige se porte devant le juge de paix ou le tribunal de première instance, selon le montant en jeu.

Ce sont les seules voies. Aucune société de recouvrement, aucun intermédiaire payant, aucune plateforme de « récupération de fonds » n'a de compétence ici — et les sollicitations de ce type, après une fraude, sont elles-mêmes le plus souvent frauduleuses.

Ce que le remplacement de la carte vous coûtera

Une carte bloquée est une carte à remplacer, et le remplacement n'est pas toujours gratuit. C'est le poste que je voyais contesté juste après les débits eux-mêmes, et presque jamais avec succès : il figure dans les conditions tarifaires, il est appliqué correctement.

Avant de comparer un frais de remplacement, regardez les trois chiffres qui pèsent réellement sur douze mois.

CarteCotisation annuelleTAEG sur solde reportéRetrait de 100 €
Mastercard Buy Way0 €14,50 %6,50 €
Beobank Visa Classic5 €14,49 %5,00 €
Argenta Mastercard (formule Green)24 € (2 €/mois)9,50 %6,00 €
KBC Mastercard Silver (avec Compte Plus)36 € (3 €/mois)9,49 %non publié en grille

Tarifs relevés chez les émetteurs le 18 août 2026. La Mastercard Buy Way n'est plus proposée aux nouveaux particuliers depuis le 1er novembre 2022 : elle figure ici parce que des dizaines de milliers de porteurs belges la détiennent encore.

Sur douze mois, cela fait un écart de 36 € entre la première et la dernière ligne sur la seule cotisation, et un écart de cinq points de TAEG sur le solde reporté. Un frais de remplacement, lui, se paie une fois. Le détail du coût annuel reprend les quatre postes un par un.

Le classement des cartes de crédit belges donne ces montants carte par carte, le comparateur les met côte à côte, et la page choisir sa carte trie par situation.

Sources — Card Stop, numéro et périmètre de blocage : cardstop.be, consulté le 19 août 2026. Changement de numéro au 10 janvier 2022 et alerte sur les faux appels : Febelfin. Franchise de 50 €, exceptions et charge de la preuve : Wikifin (FSMA), page mise à jour le 27 mars 2025. Obligation de remboursement et délai de contestation : SPF Économie, Livre VII du Code de droit économique. Recours gratuit : Ombudsfin. Tarifs des cartes relevés le 18 août 2026 sur les pages tarifaires publiques de Beobank, Argenta, Buy Way et KBC. Aucun lien de cet article n'est rémunéré.

Comparateur

Comparez les cartes de crédit côte à côte.

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Questions fréquentes

Card Stop, au 078 170 170, ou +32 78 170 170 depuis l'étranger. Le service fonctionne 24 h/24 et 7 j/7, en français, néerlandais et anglais. Depuis le 10 janvier 2022, ce numéro remplace l'ancien 070 344 344, qui était facturé 0,30 € la minute. Le 078 est un numéro à tarif normal.

Vous, à concurrence de 50 € maximum, et uniquement si vous n'avez pas agi frauduleusement ni commis de négligence grave. Au-delà de ce plafond, c'est l'émetteur qui supporte la perte. Après l'appel, plus rien n'est à votre charge.

Elle ne s'applique pas si la carte a été contrefaite, ni si le numéro a été utilisé à distance — un achat en ligne, par exemple — sans identification électronique. Dans ces deux cas, vous ne supportez rien, même pour les débits antérieurs au blocage.

La loi ne la définit pas. Wikifin, le site d'information de la FSMA, cite deux exemples : le code PIN noté sur la carte, et un code trop simple du type 1234. C'est à l'émetteur de prouver la négligence grave ; l'usage de la carte avec le bon code ne suffit pas à l'établir.

En cas de vol, oui : déclarez-le à la police locale dans les 24 heures et demandez le numéro du procès-verbal. C'est la pièce que l'émetteur réclame en premier au dossier. En cas de simple perte, la plainte n'est pas systématiquement exigée, mais l'appel à Card Stop l'est.

Treize mois à compter de la date du débit, et sans délai injustifié à partir du moment où vous en avez connaissance. Passé ce délai, la correction n'est plus due. En pratique, le relevé mensuel est le moment où l'on repère la ligne : c'est là qu'il faut la lire.

Écrivez d'abord au service plaintes de l'émetteur, par écrit et en gardant une copie. Sans accord, saisissez Ombudsfin : la procédure est gratuite. En dernier ressort, le litige se porte devant le juge de paix ou le tribunal de première instance selon le montant.

Photo de Delphine V.

Delphine a passé sept ans au service litiges et rétrofacturation d’un émetteur de cartes belge, à Liège, entre 2015 et 2022 : le bureau où atterrissent les contestations de porteurs, les retraits facturés deux fois et les cautions d’hôtel qui restent bloquées trois semaines. Elle a donc lu, ligne par ligne, plusieurs milliers de relevés de cartes belges, et elle sait où se logent les montants que personne ne regarde avant de signer. Depuis 2023 elle relève chaque trimestre les tarifs publiés des émetteurs belges et tient le tableau de coûts qui sert de base à ce site. Ce qui l’agace : les brochures qui annoncent une carte à 0 € sans mentionner que le premier retrait au distributeur coûte 5 € fixes plus 1,8 % de commission, et que les intérêts courent dès le jour du retrait.