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Comparatifs & face-à-face

Visa Carrefour, Cofidis, Buy Way : quand ça tourne mal

Visa Carrefour, Mastercard Cofidis, Buy Way : coût du solde reporté, fraude contestée, zérotage manqué et recours. Chiffres relevés chez les émetteurs.

ParDelphine V.9 min de lecture

La Visa Carrefour, la Mastercard Cofidis et la Mastercard One Buy Way sont trois ouvertures de crédit, pas trois cartes de fidélité. Elles coûtent peu tant que le relevé est soldé chaque mois. Quand un solde se reporte, qu'un débit est contesté ou qu'une date de zérotage passe, les trois contrats réagissent différemment, et c'est là qu'il faut les comparer.

Qui vous prête vraiment derrière la carte du magasin ?

Pas l'enseigne. La Visa de Carrefour est accordée par Fimaser, la Mastercard Cofidis par Cofidis, la Mastercard One par Buy Way Personal Finance. C'est à ce prêteur que vous écrivez en cas de problème, et c'est lui qui décide de rembourser ou non.

Un détail que la caisse ne vous dira pas : le document comparatif des formes de crédit de Fimaser, version 7 de 2026, est servi depuis les serveurs de Buy Way, et les deux prêteurs ont la même adresse, boulevard Baudouin 29 à Bruxelles. Deux marques en rayon, un même immeuble pour le back-office.

Les trois chiffres qu'on ne lit jamais avant de signer, carte par carte :

CartePrêteurCotisation annuelleTAEG du solde reportéRetrait de 100 €Tarif relevé le
Visa Basic de CarrefourFimaser0 € (frais de carte de 2,40 % par an sur le solde dû)16,50 % à 13,50 % selon le montantintérêts dès le jour du retraitcotisation 31/08/2026, TAEG 07/10/2026
Visa Classic de CarrefourFimaser24 €, offerte la première année16,50 % à 13,50 % selon le montantintérêts dès le jour du retraitcotisation 31/08/2026, TAEG 07/10/2026
Mastercard CofidisCofidis5 €16,5 % à 13,5 % selon le montant0 € de commission31/08/2026
Mastercard One Buy WayBuy Way17,50 €14,50 % (exemple de 5 000 €)6,50 €07/10/2026

Les montants Buy Way viennent du guide de l'utilisateur de la Mastercard One, daté de septembre 2025 et consulté le 7 octobre 2026. Le classement des cartes d'enseigne reprend le détail des cotisations et des remises ; cet article s'occupe de la suite.

Combien coûte un solde reporté sur chacune des trois ?

Entre 13,50 % et 16,50 % de TAEG, et le pourcentage monte quand le montant baisse. La grille Fimaser consultée le 7 octobre 2026 fixe 16,50 % jusqu'à 1 250 €, 14,50 % de 1 250 à 5 000 €, 13,50 % au delà. Cofidis publie exactement la même échelle. Buy Way affiche 14,50 % sur son exemple de 5 000 €, pour un taux débiteur variable de 13,75 %.

La mensualité minimale est la même partout : 5,6 % du solde jusqu'à 5 000 €, avec 25 € au moins. Fimaser précise un point que les autres taisent : ce pourcentage se calcule sur le solde restant dû « augmenté des frais de carte ». La grille passe à 4,2 % entre 5 000 € et 10 000 €, puis à 2,8 % au delà.

Sur douze mois, cela fait ceci. Prenez 1 000 € reportés sur une Visa de Carrefour, au taux débiteur de 11,22 % plus 2,40 % de frais de carte, sans nouvel achat, en ne payant que le minimum. Il reste environ 573 € après un an, et vous avez payé quelque 107 € d'intérêts et de frais. Sur la Buy Way One, à 13,75 %, le résultat est presque identique : 574 € restants, 108 € payés. Ces deux simulations sont les miennes, faites le 7 octobre 2026 sur les taux publiés.

Les deux lignes se ressemblent. Ce qui coûte, c'est le minimum, pas la marque.

Que se passe-t-il quand vous contestez un débit ?

Le montant reste sur votre solde pendant l'examen, et il produit des intérêts. C'était la pratique la plus courante dans les dossiers que je voyais passer, et c'est elle qui crispe le plus les porteurs.

Une plainte publique déposée sur la plateforme de Test-Achats en septembre 2023 montre l'enchaînement. Dix-sept transactions inconnues sur une Visa Carrefour, 568,64 € au total. Plainte à la police le 1er juin 2023, refus de Fimaser le 22 août, et entre les deux, des intérêts facturés sur la somme contestée. Fimaser a répondu en renvoyant vers son service Qualité.

Dans les dossiers que je traitais, la première chose que je cherchais était la lettre de contestation. Pas l'appel, la lettre. Un porteur qui écrit le jour même, en listant chaque ligne contestée avec sa date et son montant, et qui demande noir sur blanc que ces lignes soient retirées du calcul des intérêts pendant l'examen, obtient presque toujours au moins cette suspension. Un porteur qui téléphone trois fois n'a rien dans le dossier.

Si la fraude est reconnue, le remboursement ne se limite pas au capital. Le régime des opérations non autorisées impose de remettre le compte dans l'état où il se serait trouvé sans l'opération, intérêts compris. Gardez donc vos relevés : ils prouvent ce qui vous a été facturé entre-temps.

Deux cartes de paiement posées côte à côte sur un comptoir sombre
Le logo du magasin change. Le contrat de crédit derrière ne change presque pas.

Une fraude sur une carte de magasin est-elle remboursée comme sur une carte bancaire ?

Oui, au même régime. Le fait que la carte porte le nom d'un supermarché ne change rien : c'est un instrument de paiement Visa ou Mastercard, soumis au Livre VII du Code de droit économique et à la directive (UE) 2015/2366, dite DSP2.

Trois règles s'appliquent aux trois prêteurs :

  • votre part est plafonnée à 50 € pour les opérations faites avant le blocage, sauf négligence grave ou fraude de votre part (article 74 de la DSP2) ;
  • vous devez signaler sans délai, et au plus tard treize mois après le débit (article VII.41 du Code) ;
  • après le blocage, toute nouvelle opération frauduleuse est à charge du prêteur.

Les pièces exigées ensuite varient d'un prêteur à l'autre. Buy Way réclame le procès-verbal de la plainte à la police en cas d'utilisation frauduleuse, et donne un numéro de blocage joignable jour et nuit, le 02 320 25 95. Notez celui de votre prêteur au dos de votre agenda, pas sur la carte. Le motif de refus que je voyais le plus souvent, lui, ne dépend pas de l'enseigne : la négligence grave, invoquée dès que le code a été communiqué à quelqu'un, même par téléphone, même à une voix qui se présentait comme la banque. L'article sur les refus de remboursement pour négligence grave détaille comment ce motif se discute.

Que risquez-vous si la date de zérotage passe ?

La suspension de la carte, puis un enregistrement négatif. Buy Way l'écrit sans détour dans son guide : si le solde n'est pas ramené à zéro à la date prévue, l'utilisation de l'ouverture de crédit est d'abord suspendue, et si le défaut persiste, il est signalé au volet négatif de la Centrale des Crédits aux Particuliers de la Banque nationale.

Le zérotage est une obligation légale, fixée par l'article VII.95 du Code et l'article 14, § 3 de l'arrêté royal du 14 septembre 2016. Le solde doit tomber à 0 € et y rester au moins 24 heures. La date apparaît sur chaque relevé ; sur l'exemple publié par Buy Way, un relevé de décembre 2025 annonce un zérotage au 17 octobre 2027.

La brochure ne met pas en avant ceci : payer chaque mois la mensualité minimale ne garantit pas d'arriver à zéro à temps. Fimaser et Buy Way le rappellent tous deux dans leurs documents. Le prêteur doit vous prévenir au moins deux mois avant l'échéance. C'est le moment d'écrire, pas après.

Vers qui se tourner si le prêteur refuse ?

D'abord son propre service plaintes, par écrit. Chez Fimaser, l'adresse publiée est fimaser.sav@fimaser.be, et le service Qualité répond à quality@fimaser.be. Buy Way passe par le formulaire de contact de son site, Cofidis par son service clientèle.

Ensuite Ombudsfin, le médiateur des conflits financiers, gratuit. Il ne prend votre dossier qu'après une réclamation écrite restée sans solution, et seulement si le prêteur relève de sa compétence : vérifiez-le sur sa liste avant d'envoyer. Son avis n'est pas contraignant. Il pèse pourtant : dans les dossiers que je traitais, un courrier annonçant la saisine d'Ombudsfin faisait souvent rouvrir le dossier.

SituationPremier gesteDélaiRecours
Achat ou retrait inconnublocage au numéro du prêteur, puis lettresans délai, 13 mois au plusOmbudsfin
Intérêts facturés sur un montant contestélettre demandant la suspension des lignesdès la contestationOmbudsfin
Zérotage impossible à tenirlettre au prêteur, plan d'apurementavant la date de zérotagemédiation de dettes, CPAS
Mensualités devenues trop lourdeslettre au prêteuravant le premier retardmédiation de dettes

Trois chiffres et deux adresses à noter avant de signer en caisse

La cotisation annuelle, le TAEG du solde reporté pour le montant qu'on vous accorde, et le coût d'un retrait de 100 €. Puis le numéro de blocage du prêteur et l'adresse de son service plaintes. Si la carte dort dans un tiroir, la résilier est gratuite et l'efface de votre dossier de crédit.

Pour comparer les cartes sur leurs chiffres, le classement des cartes de crédit belges, le comparateur et l'aide au choix partent des mêmes tarifs relevés. La différence entre TAEG et taux débiteur est expliquée dans l'article sur le TAEG et le taux débiteur.

Sources, consultées le 7 octobre 2026 sauf mention contraire. Fimaser, comparatif des formes de crédit, version 7 de 2026 (TAEG par tranche, mensualité minimale, zérotage, résiliation). Buy Way Personal Finance, guide de l'utilisateur de la Mastercard One, septembre 2025 (cotisation, exemple représentatif, tarifs, zérotage, blocage). Cotisations Fimaser et tarifs Cofidis relevés chez les émetteurs le 31 août 2026 pour le classement des cartes d'enseigne. Test-Achats, plainte publique « fraude carte Visa carrefour », septembre 2023. Directive (UE) 2015/2366, article 74. Livre VII du Code de droit économique, articles VII.41 et VII.95. Arrêté royal du 14 septembre 2016, article 14. SPF Économie, tarifs maximaux du crédit à la consommation. Recours : Ombudsfin. Simulations sur douze mois : calcul de l'autrice, 7 octobre 2026. Aucun lien de cet article n'est rémunéré.

Comparateur

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Questions fréquentes

Une carte de crédit. Le document comparatif publié par Fimaser, le prêteur, la décrit comme une ouverture de crédit à durée indéterminée associée à une carte. Le contrat relève du Livre VII du Code de droit économique et il est enregistré à la Centrale des Crédits aux Particuliers de la Banque nationale.

Il dépend du montant de l'ouverture de crédit, pas du nom de la carte : 16,50 % jusqu'à 1 250 €, 14,50 % de 1 250 à 5 000 €, 13,50 % au delà, selon la grille Fimaser consultée le 7 octobre 2026. Le taux débiteur est variable et peut monter ou descendre en cours de contrat.

0 € de commission chez Cofidis, tarif relevé le 31 août 2026, et 6,50 € chez Buy Way, selon le guide de la Mastercard One consulté le 7 octobre 2026. Dans les deux cas, les intérêts courent dès le jour du retrait, sans délai de grâce.

Tant que la contestation n'est pas tranchée, le montant reste en principe sur le solde et produit des intérêts. Demandez par écrit la suspension de la ligne contestée. Si la fraude est reconnue, le remboursement doit remettre le compte dans l'état où il aurait été, intérêts compris.

Chez Buy Way, le guide de la carte est explicite : l'utilisation est d'abord suspendue, puis le défaut est enregistré au volet négatif de la Centrale des Crédits aux Particuliers s'il persiste. La date de zérotage figure sur chaque relevé mensuel.

D'abord une réclamation écrite au service plaintes du prêteur. Ensuite Ombudsfin, gratuitement, si l'établissement en relève. Si le solde devient impossible à rembourser, un service de médiation de dettes agréé ou le CPAS de votre commune examinent la situation sans frais.

Photo de Delphine V.

Delphine a passé sept ans au service litiges et rétrofacturation d’un émetteur de cartes belge, à Liège, entre 2015 et 2022 : le bureau où atterrissent les contestations de porteurs, les retraits facturés deux fois et les cautions d’hôtel qui restent bloquées trois semaines. Elle a donc lu, ligne par ligne, plusieurs milliers de relevés de cartes belges, et elle sait où se logent les montants que personne ne regarde avant de signer. Depuis 2023 elle relève chaque trimestre les tarifs publiés des émetteurs belges et tient le tableau de coûts qui sert de base à ce site. Ce qui l’agace : les brochures qui annoncent une carte à 0 € sans mentionner que le premier retrait au distributeur coûte 5 € fixes plus 1,8 % de commission, et que les intérêts courent dès le jour du retrait.